osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Glastonbury part 3 : pluie de basses

Glastonbury part 2 : a strange hangover

Samedi 25/06

Il a plu quasiment toute la nuit mais mon petit bricolage à base de sacs poubelle et de scotch a tenu bon (hashtag WIN).

Nos voisins à quelques tentes de là n'ont pas eu autant de chance, leur campement se trouvant désormais dans le lit d'un petit ruisseau de boue s'étant formé en scred pendant que tout le monde dormait.

"Glastonbury stream"

Ils semblent quand même garder le moral, un des gars mangeant tranquillement une conserve sur sa chaise pliante, les pieds dans l’eau : le flegme anglais dans toute sa splendeur.

J'ai encore un agenda assez vide en ce début de journée, et d'un côté ça tombe plutôt bien, car ça me donne le temps de réfléchir à comment gérer le fait que la fermeture éclair de ma tente vient de me lâcher (hashtag SAMAYRE).

Je commence sérieusement à me dire que j'ai dû froisser le Dieu des Festivals d'une manière ou d'une autre (ou la Déesse du Camping, je sais pas), et après une vaine tentative de coudre une partie du merdier, je pars acheter des épingles à nourrice et entreprends de fermer la toile de cette manière.

"Glastonbury tent" Juste, cher lecteur, imagine-toi rentrer avec trois grammes et devoir gérer CECI

Je bouge vers 16h pour aller voir les Shitfaced Shakespeare au Bread and Roses, un des pubs du festival, pour aller me changer les idées.

Le concept de cette troupe de théâtre est simple et repose sur deux principes :

  • ils ne jouent que du Shakespeare
  • à chaque représentation, un des acteurs est bourré

Ils interprètent aujourd'hui A Midsummer Night's Dream, une pièce de Shakespeare donc, qui se passe à Athène et dans les bois non loin de là et relate les aventures de Hermia, Demetrius et Lysander.

L'intrigue repose sur le postulat suivant : Hermia est éprise de Lysander, notre bourré du jour, mais a été promise à Demetrius par son père Egeus.

Honnêtement je n'en sais pas beaucoup plus, l'acteur qui interprête Lysander faisant forcément n'importe quoi sur scène, ce qui rend l'histoire particulièrement difficile à suivre. C'est franchement drôle cependant et, même si les acteurs en rajoutent nécessairement un peu, c'est un régal absolu.

"Glastonbury Shitfaced Shakespear" Lysander est rond comme une queue de pelle

J'ai maintenant le choix entre Vessels, Quantic et The Last Shadow Puppets, mais j'opte pour une petite sieste dans ma tente pour assurer le coup pour Fatboy Slim qui joue un peu plus tard (vous allez croire que je passe mon temps à roupiller, mais enchainez trois jours de festival à crapahuter quinze kilomètres par jour dans la boue et on en reparle).

"Glastonbury mud"

On essaye de se pointer en avance mais c'est déjà plein à craquer, à tel point qu'on ne parvient même pas à atteindre la tente de la John Peel Stage, qui n'est pourtant pas petite. Nous décidons cependant d'attendre le début avant de rebrousser chemin, et voyons finalement nos espoirs récompensés puisque le son est suffisamment bon pour en profiter malgré tout.

Le britannique est en forme et nous a concocté un petit set des familles à base de gros tubes de sa discographie (Sunset (Bird of Prey), Rockafeller Shank, Ya Mama (Push the Tempo), Praise You…) et de morceaux remixés d'autres artistes (The White Stripes, House of Pain, The Rolling Stones…), le tout accompagné de visuels assez trippants montrant notamment sa face modélisée en 3D.

"Glastonbury Fatboy Slim"

On se tape un mouvement de foule un peu galère à la fin du set, et on parvient tant bien que mal à rejoindre la Other Stage où les New Order viennent d'entamer leur performance.

Pour être tout à fait honnête, même si les rockeurs sont probablement moins énergiques qu'il fut un temps, ça m'a fait quelque chose de voir Crystal et Blue Monday en live - une espèce de sentiment d'accomplissement, ou l'impression d'avoir coché deux nouvelles petites cases dans un coin de ma tête (d'autant plus que Crystal reste l'un de mes morceaux préférés de tous les temps, rien de moins).

"Glastonbury New Order" Les New Order et leur participation à mon gotta catch'em all musical

À ce stade du festival, et malgré la tentative de la veille avec monsieur Carl Cox, il nous faut encore expérimenter l'Arcadia des grands jours, celle qui prend aux tripes et déclenche l'hystérie collective.

Il fallait probablement attendre le bon artiste pour ça, et il semble qu'Andy C avait bien l'intention de relever le défi ce soir-là.

On se pointe aux pieds pattes de l'araignée géante une bonne demie heure en avance, alors qu'un genre de spectacle pyrotechnique s'y déroule. Dans un premier temps, un type dans une combinaison chelou produisant des éclairs (faudra qu'on m'explique) se trémousse sur un podium, puis la bête s'anime alors que des danseurs/acrobates sortent de partout et entreprennent des chorégraphies aériennes pendant que de petites araignées mécaniques vont et viennent le long de câbles suspendus, le tout sur une grosse bande son drum and bass.

Bref, c'est pas évident à décrire, alors voici une petite vidéo de qualité moyenne mais qui vous donnera une idée de quoi je parle :

La foule est déjà bien excitée quand le show s'achève, mais c'était sans compter sur Andy C qui allait encore faire monter la pression d'un cran en s'installant derrière les platines.

Le mancunien, régulièrement récompensé pour ses performances sur la scène drum and bass, enflamme (littéralement) l'Arcadia dès le premier morceau et emmène avec lui un public devenu hystérique à coups de drops dévastateurs dont il a le secret.

"Glastonbury Andy C"

Le set atteint son climax lorsque le DJ balance le remix de Voodoo People par Pendulum, m'achevant sur place.

On ressort de là avec le sentiment d'avoir obtenu ce qu'on était venus chercher et, sur cette bonne lancée, on décide d'aller en remettre une couche à Shangri-La.

On n'y parviendra jamais cependant, se faisant balader de porte en porte par une sécurité qui se fout visiblement bien de notre gueule, puisqu'il semble au final impossible d'entrer par quelque accès que ce soit.

Par dépit, on se réfugie sous une tente/bar près de The Park, appâtés par leur playlist électronique.

Glastonbury part 4 : soy un perdedor

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