osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Glastonbury part 2 : a strange hangover

Glastonbury part 1 : le salut dans les semelles

Vendredi 24/06

Le réveil a comme un petit goût amer, et ce n'est pas uniquement à cause des gin tonic que je me suis enfilé la veille : les yeux encore à moitié collés, une notification sur mon téléphone m'apprend que le Royaume-Uni souhaite quitter l'Union Européenne.

Je partage la nouvelle avec mes deux compagnons (portugais), et notre désarroi rencontre au mieux une complète indifférence, au pire une certaine défiance de la part de notre voisinage direct. Le désintérêt semble en effet primer, même si les organisateurs, qui avaient pris position contre le Brexit via un email quelques jours avant le festival, ont placardé un peu partout une réaction sous forme de poème.

Au cours de la journée et jusqu'à la fin du festival, nous verrons tout de même des pancartes, drapeaux et autres symboles europhiles, ainsi que quelques débats éclater çà et là : contrairement à ce que laisse entendre le texte des organisateurs, les festivaliers ne sont pas tous des remainers, loin de là.

Quoiqu'il en soit, mis devant le fait accompli, on avale la pilule comme on peut et, passés ces quelques instants de consternation, on se met en mouvement pour aller voir Skepta sur la Pyramid Stage, en prenant un burger tout aussi dégueux que celui de la veille sur la route (pas au même shop hein, ce serait un peu bête).

Skepta est un rappeur originaire de Tottenham et l'un des fers de lance de la scène grime. A priori ce n'est pas mon délire, mais je suis mes potes pour ne pas mourir idiot et surtout car je n'ai rien d'autre de prévu sur cet horaire.

"Glastonbury Skepta"

Rap gangsta, bouteille de JD à la main, des notes de dancehall... ce n'est absolument pas ma came et un peu trop violent à mon goût pour entamer la journée, mais au moins maintenant je sais ce que c'est.

On prend ensuite la direction de The Park pour aller voir les Mortal Orchestra, ce qui nous donne l'occasion de passer devant la Other Stage où Christine and the Queen est en plein set. J'avoue avoir complètement snobé le groupe jusqu'ici (j'aime pas trop quand un artiste a trop de succès trop vite, quand le battage médiatique est un peu trop insistant), mais pour le coup ça avait vraiment l'air sympa.

Il se met à flotter pour Mortal Orchestra, le son est pourri, et je décide après une chanson que ce n'est pas mon truc non plus et file au camping faire une sieste. Je constate alors qu'il a plu dans ma tente, et entreprends de restituer un semblant d'imperméabilité avec un bricolage à base de scotch et de sacs poubelles (#teamRichardDeanAnderson).
Il fait de nouveau chaud, et je pionce une petite heure dans la fournaise qu'est devenue l'épave qui me sert de toit.

"Glastonbury rain"

Je m'active à 17h30 pour retourner à The Park voir Daughter. Elena Tonra est à l'image de la musique du groupe : douce, fragile, à fleur de peau, et je me laisse porter par les notes de Not To Disappear, leur dernier album, et atteins un pic de bonheur lorsqu'ils entament Youth, du précédente opus, sans aucun doute leur morceau le plus connu, et à juste titre.

"Glastonbury Daughter"

Le public est conquis et le fait savoir après chaque chanson, ce qui semble directement toucher Tonra et fait réellement plaisir à voir.

J'aperçois par ailleurs la chanteuse des Savages, Jehnny Beth, à de multiples reprises en backstage.

Je retourne ensuite à la Other Stage pour un changement total d'ambiance, puisque les Bring Me The Horizon sont en train de s'y produire. Je ne suis pas ultra fan du groupe à la base, mais puisqu'il s'agit à ma connaissance de la seule formation métal au programme du festival cette année, je me dois d'y faire un tour.

"Glastonbury Bring Me The Shit" T'as raison Oliver, cache-toi.

Il y a relativement peu de monde devant la scène et je ne suis guère convaincu par les quelques morceaux que j'écoute, d'autant plus que Oliver Sykes, le frontman, a réellement le don de m'agacer.
À presque 30 piges, il ressemble toujours à un adolescent boutonneux et, même si la pertinence de cette critique est très certainement discutable, je pense qu'il est à l'image de leur musique : pour ados boutonneux.

Le malaise atteint en effet son paroxysme lorsque, entre deux morceaux, Sykes lance sans vergogne : "I wanna see the middle fingers of the people who don't give a fuck about Brexit!", et que les majeurs de plus de la moitié de l'audience se lèvent.

Bref, groupe de merde qui a le public qu'il mérite.

Je file sans demander mon reste à la Pyramid Stage pour aller applaudir les Foals, qui pour le coup rassemblent un poil plus de monde :

"Glastonbury Foals" Where is Waldo?

C'est assez cool, même si à part quelques morceaux j'ai honnêtement toujours trouvé ça un peu chiant. Plutôt convaincu pour le coup, je décide de rester pour un dernier titre avant de rejoindre mes potes, en espérant que ce soit Inhaler ou My Number : ce sera le premier, qui vaut clairement le détour en live, qu'on se le dise.

Je retrouve les autres dans la zone Silver Haze pour éviter les mouvements de foule à la fin de Foals, puis on retourne à la Pyramid Stage pour attendre sagement Muse tout en dégustant gobant des vodka jellies en se pinçant le nez, décidant ainsi de faire l'impasse sur Sigur Ros, choix que je redoute de regretter amèrement.

Oh comme j'avais tort.

On m'a souvent répété que Muse était un groupe live par excellence, et pourtant je restais convaincu qu'ils devaient être décevants, conviction sûrement en partie dûe au virage artistique entamé à partir de Black Holes and Revelations et continué sur les opus suivants, qui m'avait finalement conduit à ignorer les nouvelles sorties du groupe, purement et simplement.

On m'avait également dit que Drones, leur dernier opus, renouait avec un son plus rock, plus proche de leur identité sonore originelle, mais il faut croire que le mal était fait.

C'est d'ailleurs avec cet album qu'il choisissent d'ouvrir leur set, [Drill Sergeant] résonnant sur la plaine alors que le trio fait son entrée sur scène.

Ils embrayent sur Psycho, un des tubes de Drones, et je commence à comprendre où je viens de mettre les pieds.

"Glastonbury Muse 1"

Ils continuent avec Reapers et, comme pour faire définitivement taire le peu de méfiance qu'il me restait encore, balancent sans prévenir les premières notes de Plugin Baby, m'arrachant un cri alors que mon dernier jelly shot est encore sur la route de mon estomac.

Il m'aura juste fallu quinze ans pour voir ce morceau en live...

Et bordel, ça valait le coup d'attendre.

Le set est un enchainement de tubes empruntés à une grosse partie de leur discographie - Supermassive Black Hole, Hysteria, Stockholm Syndrom, Starlight... - balancés à grand renfort de stroboscopes, vidéos, confettis, feux d'artifices, et ne laissant absolument aucun répit à l'audience.

"Glastonbury Muse 2"

J'en ressors en me disant que c'était au moins du niveau des Chemical Brothers l'an passé et qu'il va probablement être difficile de faire mieux cette année, alors même qu'il reste encore deux grosses soirées.

On se remet en marche tout en discutant de la performance des anglais, encore sous le coup de l'excitation, jusqu'à ce qu'on débouche sur l'Arcadia pour Carl Cox.
On a pas mal d'attentes en ce qui concerne cette scène un peu folle (pour rappel, il s'agit d'une araignée géante, un peu façon Machines de Nantes, en plus gros et qui crache du feu au rythme des bass drops) mais, si le set est plutôt cool, c'est archi-blindé et on ne peut s'approcher à moins de cinquante mètres.

"Glastonbury Carl Cox"

On reste pour le DJ suivant, Elle Esdie, que j'aurais un peu de peine à décrire, à part que c'était beaucoup trop rapide et proprement indansable.

Glastonbury part 3 : pluie de basses

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