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Costa Rica part 2 : San José así, así

Costa Rica part 1 : mi gato es inteligente

Dimanche 24 mars 2019

L'une des choses qui m'a rapidement interpelé à San José est que, bien que nous soyons au cœur d'une ville de plus de deux millions d'habitants (avec l'activité et la circulation que cela implique), les oiseaux sont omniprésents, et le font entendre.

Nous nous réveillons en effet avec l'impression d'être au beau milieu d'une volière, puis de prendre notre petit déjeuner sous la canopée, plutôt que sur le balcon-terrasse de l'hôtel.
Jusqu'à ce que le passage d'un camion en contrebas nous ramène à la réalité, du moins.

Nous ne sommes que de passage dans la capitale et avons réservé un bus pour Monteverde en début d'après-midi, ce qui nous laisse tout juste quelques heures pour explorer une ville qui, pour être honnête, peine un peu à nous séduire jusqu'à présent.

La veille, avant de rejoindre notre hôtel, nous avons fait un crochet par la gare routière, dans l'optique d'y réserver nos places pour le lendemain. Si nous n'y avons trouvé que des guichets fermés, nous avons finalement pu effectuer une réservation en ligne, donc aucun problème de ce côté-là. Cette expérience nous a en revanche fait découvrir la capitale costaricaine à la tombée de la nuit, avec le changement d'atmosphère qui l'accompagne : la soudaine désertification des rues, et l'apparition de silhouettes titubantes sous les lumières blafardes de l'éclairage public.

Si les quartiers de la gare sont rarement les plus glamours, la Avenida Central (l'artère commerciale principale de San José) à seulement quelques rues de là n'était pas tellement plus engageante, avec là encore peu d'âmes qui vivent excepté les quelques commerçants abaissant les rideaux de fer des dernières boutiques. Autant dire que nous avons vite fait de rejoindre notre hôtel, nous, les deux blancs-becs avec leurs gros sacs à dos.

Nope

Si la perception fait souvent office de caisse de résonance de la réalité, et qu'au final nous ne risquions probablement pas grand chose, il reste qu'en matière de première impression, on a vu mieux.

Nous décidons cependant de passer outre cet avant-goût un peu désagréable, et d'occuper ces quelques heures en faisant un tour au musée national du Costa Rica, situé dans une ancienne caserne militaire reconvertie en établissement culturel après l'abolition de l'armée en 1948 (à ce jour, le pays est toujours entièrement démilitarisé).

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Bon ok, il y a parfois des tarifs « gringos »

L'entrée du musée consiste en un jardin botanique semi-couvert, débouchant sur un accès aux diverses collections et expositions, qui vont de l'histoire précolombienne du Costa Rica jusqu'à son époque moderne.

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L'Heliconia, fleur d'Amérique tropicale par excellence

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L'homme-jaguar, ce personnage mythique et spirituel, considéré comme la représentation d'une victoire militaire ou d'une conquête sexuelle, ou encore comme le meilleur rôle de Patrick Bruel

On apprend notamment que le Costa Rica fut probablement nommé ainsi par les européens du XVIe siècle qui, suite aux premières descriptions que Christophe Colomb en avait fait, pensaient que ses terres regorgeaient d'or (en réalité pas tant que ça, mais le pays demeurât un bon pourvoyeur d'esclaves, du coup ça va).

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En définitive, l'exposition qui retiendra le plus mon attention est celle sur l'histoire moderne du Costa Rica. Semblant être le fruit d'une introspection pour le moins étonnante, les panneaux de la dernière salle sont recouverts de courts textes exposant sobrement les succès et les échecs du pays, faisant notamment état des défis que représentent encore la criminalité, la corruption, le chômage et la pauvreté, tout en mettant en avant les progrès réalisés en matière d'égalité des sexes ou des droits de la communauté LGBT, sans jamais minimiser le chemin qu'il reste à parcourir.

Le tout semble afficher des ambitions résolument progressistes qui, si elles s'inscrivent certainement dans une communication soigneusement réfléchie, véhiculent une forme de sincérité à laquelle je ne m'attendais pas forcément.
J'y reviendrai.

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On regrettera tout de même certains choix graphiques discutables

Après cette séquence culturelle, nous retournons à l'hôtel récupérer nos sacs et rendre les clés de la chambre, puis traversons à nouveau le centre-ville (qui pour le coup parait bien plus accueillant que la veille) avant de déjeuner au Café Rojo, un établissement vegan-friendly qui propose un café au gingembre tout à fait remarquable.

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Le café frío con jengibre, c'est oui

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Puis nous nous rendons finalement à la gare pour prendre notre car, où nous sommes agréablement surpris par la facilité et la fluidité de l'embarquement, notamment au regard de ce à quoi un pays comme le Monténégro nous avait habitués.

Nous filons vers l'ouest dans un bus moderne et plutôt confortable, en direction du district montagneux de Monterverde, dans la province de Puntarenas. La nuit est tombée lorsque nous descendons à Santa Elena, son terminus, et nous nous mettons en quête d'un taxi, sans trop savoir où nous diriger. Un agent de sécurité d'un petit centre commercial nous repère et, après quelques secondes de conversation bancale, nous appelle un taxi qui arrive deux minutes plus tard (je vous ai dit que les costaricains étaient des gens formidables ?).

Le taxi nous dépose à quelques kilomètres en dehors du village, à la Finca Terra Viva, la ferme éco-responsable où nous allons loger pendant quelques jours.

La propriétaire des lieux nous accompagne jusqu'à notre cabine tout en nous donnant quelques informations sur le séjour et, au moment de nous laisser, nous donne un dernier conseil :

Faites attention si vous marchez pieds nus, et secouez bien vos chaussures avant de les remettre : c'est la saison reproductive chez les scorpions, ils sont de sortie.

Ok merci, bisou.


Infos pratiques

Le site du musée national du Costa Rica. Compter 9$ par adulte - personnellement, je pense qu'il vaut le coup d'œil.

La page Facebook du Café Rojo, agréable pour faire une petite pause à l'écart des artères parfois intenses de la ville.

Il est possible de réserver des tickets de bus pour Monteverde sur ce site. Le trajet coute environ 11$ par personne et dure 4h30. La première partie se fait bien, mais ça devient plus compliqué à l'approche de Monteverde, où la route se transforme en piste escarpée sur laquelle la progression est lente et difficile.


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