osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Glastonbury part 1 : as we dance by the moonlight

Situé dans le Somerset (sud-ouest de l'Angleterre), Glastonbury est un des plus gros festivals d'art et de musique du monde. Il se déroule tous les ans sur 5 jours, pendant la semaine du dernier week-end de juin. Sa première édition a eu lieu en 1972 et sa capacité d'accueil avoisine aujourd'hui les 200 000 personnes.

Glastonbury - Other Stage On est venus avec quelques potes, j'espère que ça dérange pas

Le festival est extrêmement populaire et largement plébiscité par les anglais qui l'évoquent souvent avec une certaine fierté. La demande est telle que la première vente de tickets a lieu en octobre et que les billets partent en 25 minutes (£220 l'unité, tout de même). Cette première release permet en réalité de réserver sa place, l'intégralité de la somme étant à payer ensuite en avril, si vous souhaitez confirmer la réservation. Tous les billets non confirmés sont remis sur le marché pour une deuxième vente en avril (où ils partent bien évidemment encore plus vite).

Jeudi

Le festival débute le mercredi mais je ne débarque que le jeudi soir à minuit, avec une navette partant de Londres. J'étais censé arriver vers 22h30 mais le départ a été retardé et des travaux au niveau de Stonehenge ont créé des bouchons, me permettant cependant d' "admirer" le tas de cailloux et de me conforter dans l'idée que ça ne vaut pas le déplacement.

Stonehenge Photo Wikipedia

Sans déconner les gars, allez à Carnac, et après on parle.

Mes potes sont arrivés dès le mercredi matin pour établir le campement, ce qui apparemment est une bonne idée vu que les campings sont déjà pleins en début d'après-midi.

Le site est sacrément balèse (4km2 après vérification) et, le bus m'ayant déposé à l'opposé de ma tente, j'en ai easy pour une demie heure à traverser le bordel (en tenant compte de la foule).

Du coup, comme je suis déjà bien en retard pour l'apéro, je dépose mes affaires dans une des nombreuses consignes proposées par le festival et me faufile entre les paires de bottes pour rejoindre mes mates pour cette première timballe de mise en jambe.

C'est là un premier aperçu de l'organisation de Glastonbury : il y a pas mal de facilités et, s'il y a inévitablement la queue pour certaines d'entre elles (les tabacs et les sites de recharge de téléphones, notamment) c'est globalement assez bien pensé.

Vendredi

J'ai plutôt bien dormi, ce que je dois probablement à mes bouchons et à l'absence notable de grosses bennes à ordures métalliques sur lesquelles les festivaliers aiment habituellement improviser un remake de Stomp (allez mourir, on vous enfermera dans une de ces bennes et Satan lui-même tapera dessus quand vous irez en enfer).

On se prend un petit English Breakfast végétarien (ce n'est pas forcément antinomique, même si ce ne sera jamais pareil sans le bacon) dans la zone Greenpeace. Niveau bouffe, y'en a juste partout, pour tous les prix et de qualité diverse. Ne vous emmerdez pas à en amener, perso j'ai à peine touché à mes Pitch.

Je me dirige vers la tente BBC Introducing pour le show du premier groupe de ma sélection, Matthew & Me, proposant un genre de pop-rock alternatif avec un léger accent post-rock.

Glastonbury - Matthew & Me

C'est plutôt agréable, même si les quatre morceaux joués sont calqués sur un modèle identique (un début calme, atmosphérique, puis une plage plus énergique qui s'attarde pour venir clôturer la chanson).

Ils finissent sur "Patterns" qui est un réel coup de coeur, confirmé par sa version live.

Je n'ai pas prévu de voir qui que ce soit sur le créneau suivant, du coup je suis les autres qui vont voir Leon Bridges, un gars qui verse dans la soul et le blues.

Le mec est de toute évidence bon dans ce qu'il fait, mais ce n'est pas trop mon délire et je me fais vite un peu chier.

J'hésite à enchainer avec les Glass Animals, mais ayant le souvenir d'un concert sympa mais pas exceptionnel, je préfère retourner à la tente choper des munitions et revenir pour Jungle.

Deux notes à ce propos :

  • Le site étant mega grand, le moindre déplacement est à soigneusement considérer en terme de planning
  • Il n'y a pas de règle "pas d'alcool sur le site" ou autres relouseries de ce genre

Le festival est par ailleurs globalement très permissif, ce qui est extrêmement agréable, et définitivement l'un de ses gros points forts.

Une grosse averse se déclenche lorsque j'arrive au campement, ne me laissant d'autre choix que de faire une petite sieste (zut alors).

J'arrive un peu en avance à la Other Stage où les Jungle doivent se produire, et je constate que les festivaliers britanniques ont clairement la culture du drapeau :

Glastonbury - Jungle

Après ça, qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'y a que les bretons qui font chier avec leur Gwenn Ha du.

Les Jungle entament leur set electro-soul tropical (oui oui), et un guest inattendu se pointe sur scène pour le premier morceau : une petite break-dancer de 6-7 ans qui assure à mort et conquiert instantanément le public (sérieusement, la totale classe).

Le groupe est très convainquant, ça bouge bien et je passe un excellent moment.

La pluie s'invite à la fin du set et je me retrouve bien emmerdé car, dans un accès de confiance, j'ai laissé mon K-way à la tente en pensant qu'il n'y aurait plus d'averses. Je me prends donc une douche digne d'un été normand alors que je coure ("patine" serait probablement plus approprié vu la consistance du sol) vers mon prochain concert qui heureusement a lieu sous une tente.

Celle-ci est évidemment blindée de festivaliers cherchant à s'abriter et sent un peu le chien mouillé, mais la perspective de voir enfin les Flight Facilities efface tous ces désagréments (ou peut-être est-ce la vodka pomme qui commence à taper, va savoir). Le duo de DJs fait son apparition vêtu de fringues d'aviateurs, ce qui est assez drôle (ok, je suis peut-être un peu pété), et posent tranquillement leur petit son électronique, un poil commercial il faut l'avouer, mais qui met immédiatement tout le monde de bonne humeur.

Glastonbury - Flight Facilities

Deux chanteurs viennent tour à tour les accompagner, et ils me font l'immense plaisir de jouer "Clair de Lune", qui est un morceau absolument magnifique :

Ils calent également un remix de "Lady" de nos compatriotes Modjo, qui prend un peu tout le monde par surprise et nous ramène soudainement 15 ans en arrière.

Direction la John Peel Stage pour un bout du set de SBTRKT, qui est déjà entamé. J'emboite le pas d'un banc de méduses (sans rire, y'avait un groupe de gens déguisés en méduses) pour me faufiler au centre et profiter de la performance du britannique masqué.

J'ai convenu de retrouver un pote près de la scène avant d'aller voir les Hot Chip qui doivent jouer un peu plus tard sur une autre stage. Il met des plombes à se ramener et je commence à ronchonner, jusqu'à ce qu'un gros son drum and bass venu de nulle part se mette à résonner. Le groupe succédant à SBTRKT vient d'entamer sa prestation et l'application du festival m'apprend qu'il s'agit des Modestep qui, pour d'obscures raisons, n'étaient jamais parvenus à mes oreilles jusque là.
Mon collègue se pointe enfin et nous décidons de rester pour le concert qui restera la bonne surprise du festival (ça s'avèrera ensuite un peu fade à l'écoute, mais en live ça vaut vraiment le détour).

Glastonbury - Modestep

On file ensuite voir les Hot Chip devant lesquels je ne reste pas longtemps car je ne veux absolument pas rater Lamb, mais de ce que j'ai pu voir, c'était vraiment pas mal (confirmé ensuite par mes compagnons).

Je me fais un pote à usage unique sur le chemin de Lamb ("Tim", il me semble) et on se cale devant le duo allemand avec un petit godet de "cidre" (les anglais ne savent pas faire de cidre, soyons clairs). Je suis un peu surpris qu'ils soient programmés aussi tard un vendredi soir, vu que c'est quand même globalement très posé. Il semble cependant que le groupe y a pensé, le set étant composé des morceaux les plus rythmés et d'autres réarrangés pour leur donner un peu plus de pep's.

Glastonbury - Lamb

La performance est très correcte et je suis content de les avoir enfin vus sur scène, mais je suis également conforté dans mon choix de ne pas avoir claqué £40 pour les voir à la Roundhouse quelques mois plus tôt.

J'abandonne Tim pour retrouver un pote et nous nous rendons à Shangri-La, cette zone ayant des airs de village artistique et qui semble être l'endroit privilégié des afters. À cette heure tardive, c'est plus blindé qu'un fourgon de la Brink's et les gens font la queue pour rentrer dans les différentes installations qui prennent alors des allures de clubs. Heureusement, nous sommes des gens influents jouissant d'un vaste réseau, et nous connaissons le staff à l'entrée de l'un d'entre eux, ce qui nous permet de passer devant tout le monde sans même faire semblant d'être désolés.

À l'intérieur, ambiance electro-swing (penser Caravan Palace), cabaret burlesque, avec des filles dépourvues de soutien-gorges et des mecs qui eux, en portent, et des gens qui s'enfoncent des clous dans les narines.

On y reste un petit moment, avant de rejoindre un genre d'arène au coeur de Shangri-La où se joue de la grosse drum and bass avec un mec vénère au micro.

Et après, pour ne rien vous cacher, c'est un peu flou jusqu'à mon réveil le lendemain matin.

P.S. : une grosse partie des concerts ont été filmés et sont encore disponibles une dizaine de jours à la publication de ce billet. Ça se passe par ici.

Part 2 : The Muddy Blues
Part 3 : le Dalai Dalai quoi ?

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