osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

The Great Escape Festival 2014 (partie 1/3)

Six mois après, oui.

The Great Escape est un festival se déroulant tous les ans au mois de mai à Brighton, faisant la part belle à la nouvelle scène. Pendant trois jours (jeudi - samedi) se succèdent quelque 300 groupes, sur une trentaine de lieux éparpillés dans la ville. Lancé en 2006, il propose également un certain nombre de secret shows souvent dévoilés le jour-même, ainsi que le "Alternate Escape", une série de gigs "non officiels" se déroulant en parallèle (le programme alternatif est tout de même distribué avec le programme officiel, sur place).

Bref, y'a de quoi faire.

Je m'embarque dans cette aventure avec Solenn (qui écrit des trucs cool sur Konbini, au passage) et Quitterie, qui gèrent la résa d'un couchsurfing (pas de camping et puis bon, mois de mai au UK... fais ce qu'il te plait mais couvre-toi bordel, tu vas choper la mort).

Je n'ai pu poser que mon vendredi et débarque donc le jeudi soir, après un voyage en train qui me fait furieusement penser au transilien aux heures de pointe. Je dois d'abord passer à l'appart déposer mes affaires, où m'attend le coloc de notre hôte. Le timing est serré car je dois aussi aller récupérer mon bracelet à un point précis puis tracer voir le premier groupe de mon programme à un autre endroit, le tout sans jamais avoir foutu les pieds à Brighton. Je prends quand même le temps de prendre quelques clichés de street art dont je remarque immédiatement la présence en abondance.

Big Ups

post-punk, New York, US

Few pics from The Great Escape Festival... Here, Big Ups (cace-dédi à @viklervi) #tge

A photo posted by Yannick Chenot (@osteel) on

C'est un peu rouge que j'arrive au Audio, mais mes efforts sont récompensés car les petits new yorkais n'ont pas encore commencé. Je me chope une bière et essaye de repérer Zak, notre hôte, censé se trouver dans les parrages. Il est tout devant, juste au pied de la scène : nickel pour se frayer un chemin sans avoir à faire semblant de rejoindre quelqu'un. On échange rapidement 2-3 mots puis les Big Ups se pointent et entament leur performance.
Je comprendrai plus tard qu'avec autant de groupes sur une si courte période, le timing est extrêmement serré et que chaque artiste est prié de scrupuleusement respecter son créneau. Les shows durant en moyenne trente minutes, le moindre problème technique peut être fatal à la représentation.

Les Big Ups font un très bon taf de mise en jambe ; derrière leurs airs de bande de gosses énervés qui viennent de sortir de leur garage, ils livrent un set assez efficace. Je reste pour 4-5 morceaux, suffisamment pour faire le pogo le plus court de ma vie sur "Goes Black". Zak est déjà parti pour choper un autre groupe ailleurs, j'en fais de même.

Mirel Wagner

folk, Espoo, Finland

Mirel Wagner sera mon premier foirage officiel. Initialement parti pour voir Pawws, je débarque au Komedia et me pose devant une petite scène où une jeune femme prend place avec sa guitare. Le set démarre, ça sonne bien, très posé. Ça me rappelle effectivement quelque chose, mais je ne m'attendais pas à ça. Je décide de partir avant la fin pour enchainer sur un autre concert puis, en me dirigeant vers la sortie, je remarque un escalier qui descend... vers la deuxième salle du bar, où Pawws est en train de finir de jouer >_<'

On pourra s'étonner du fait que je ne connaisse pas mieux les groupes que je souhaite voir, mais lorsque tu épluches pas loin de 300 artistes pour faire ta sélection et que tu établis ton programme, le jour J tu ne fais pas forcément immédiatement le lien entre un nom et une musique.

Pawws

electronic-pop, London, UK

Je n'en verrai donc qu'un morceau, plutôt sympathique néanmoins.

Pour la petite anecdote, le clip est tourné à Victoria Park et le long du Regent's Canal, où je vais souvent courir.
Oui je sais, vous vous en foutez, mais sur le coup ça m'a fait marrer.

S'en suivent deux nouveaux échecs successifs : d'abord Little Dragon, dont la file d'attente ne laissait aucun espoir d'entrer, puis Hozier, pour lequel les portes se sont fermées à une trentaine de personnes devant nous. Pas de "Take me to Church", donc :(

A Plastic Rose

alternative rock, Nottingham, UK

Nouveau bar, nouvelle scène, nouvelles pintes. Ça commence un peu à monter au crâne et c'est pas plus mal, car ça colle assez bien à l'esprit de A Plastic Rose. Si ce n'est pas trop nerveux à l'écoute, sur scène ça bouge plutôt bien et leur attitude est assez différente de l'image qu'ils montrent dans leurs clips (c'est clairement une bonne chose). Ça raconte pas mal de conneries, fait participer le public, et enchaine efficacement les morceaux.

Thomas Azier

electronic pop, Berlin, Germany

Thomas Azier #tge

A photo posted by Yannick Chenot (@osteel) on

Je suis avec intérêt le néerlandais depuis quelques temps déjà, et c'est une de mes grosses attentes du festival. La Jägerbomb de la pause y aura peut-être contribué, mais je ne suis absolument pas déçu. Azier met du coeur à l'ouvrage et livre un set intense qui file une petite claque à tout le monde.

À suivre.

The Neighbourhood

indie rock / electronic, Los Angeles, US

Plus très frais, je suis persuadé d'être devant Grand Analog au Brighton Coalition, et l'étais encore jusqu'à l'écriture de ces lignes, lorsqu'une nouvelle écoute pour me rafraichir la mémoire me fit réaliser que ce n'était pas DU TOUT ça. Ils ont déjà fini de jouer et il s'agit en fait du groupe suivant, The Neighbourhood, que je n'avais pas spécialement prévu de voir. Je reste pour 2-3 morceaux, dont l'entêtant "Sweater Weather", et passe finalement un assez bon moment.

N'ayant plus aucun groupe sur ma liste et sentant la fatigue faire son chemin, je me mets en route pour l'appart. Je m'arrête à une épicerie prendre un sandwich cheddar chutney (parce que le kebab, c'est pour les ploucs) et recroise un des chanteurs de A Plastic Rose à la caisse, qui s'est vraisemblablement lui aussi enfilé quelques bières. Je lui baragouine un truc en rigolant, il me baragouine un truc en rigolant. Puis il me regarde, je le regarde, et on réalise qu'aucun de nous n'a pigé ce que l'autre a dit. Cet échange priviligié se soldera par un high five pour tenter de sauver les apparences, même si je vois bien dans le regard du caissier qu'il n'est pas dupe.

Sur ce, je rentre en fredonnant "It's too cold for you here, and now, so let me hold both your hands in the holes of my sweater", et sombre sans demander mon reste.

[live] The Great Escape Festival 2014 (partie 2/3)
[live] The Great Escape Festival 2014 (partie 3/3)

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