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Mardi 26 mars 2019

En silence, jumelles à la main, les yeux plissés et le regard fixé sur les feuillages, nous progressons lentement sous la chaleur humide de la cloud forest de Santa Elena, tout en prenant soin de ne pas se prendre les pieds dans les imposantes racines qui traversent parfois le sentier.
Déterminés, nous sommes à l'affût du mythique quetzal, oiseau national du Guatemala ayant également élu domicile dans les forêts costaricaines.

Santa Elena 1 Santa Elena 2

Nous avons privilégié la forêt de nuages de Santa Elena plutôt que celle de Monteverde dû au succès de cette dernière, connue pour son grand nombre de touristes au mètre carré. Plus petite que sa populaire voisine, Santa Elena est effectivement peu fréquentée, tant et si bien que nous avons l'impression d'évoluer seuls au milieu de la végétation. Le vent fait tanguer les troncs et craquer le bois et, de temps en temps, de grosses gouttes tombées des arbres viennent agiter les feuillages, faisant diversion pour les oiseaux qui, eux, se gardent bien de trahir leur présence au-delà de leur chant qui résonne régulièrement entre les cimes.

Le chant métallique de l'araponga tricaronculé (et on ne ricane pas)

Santa Elena 3 Santa Elena 4 Santa Elena 5

Levons immédiatement tout suspense inutile : nous ne verrons pas l'ombre d'une plume du majestueux quetzal, ni la moindre trace de paresseux. Nous ne verrons pas non plus ne serait-ce que la truffe d'un coati, ni la crinière d'un singe hurleur.

Et ne mentionnons même pas le jaguar.

Non, malgré sa réputation d'abriter un nombre impressionnant d'espèces animales (plus de 600 espèces recensées de mammifères, d'oiseaux et de reptiles, et des milliers d'insectes), en vérité vous seriez bien en veine d'apercevoir quoi que ce soit.

Mais s'émouvoir d'une faune discrète reviendrait un peu à se plaindre de la cerise tout en ignorant le gateau : les quelque 300 hectares de forêt primaire de Santa Elena sont tout simplement sublimes.

La réserve est une immense étendue d'arbres atteignant jusqu'à dix mètres de hauteur, aux troncs recouverts d'un épais manteau de lichen et de mousse. De leur sommet, de lourdes lianes se laissent tomber jusqu'aux longues fougères tapissant le sol, découvrant çà et là une grande variété de champignons et de plantes aux formes singulières.

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De temps en temps, le soleil vient percer l'épaisse couche de brume quasi-permanente qui surplombe la canopée, caractéristique de ces forêts tropicales de haute altitude. Ce couvercle nuageux favorise la croissance de la végétation, tout en permettant aux animaux de communiquer sur de longues distances grâce à une diffusion accrue des sons et des odeurs - un cocktail idéal pour le développement d'un écosystème extrêmement riche.

Santa Elena 11 Santa Elena 12

La surabondance végétale est telle qu'il n'est au final pas si surprenant de voir si peu d'animaux : avec une telle densité, cette petite partie de cache-cache était un peu perdue d'avance.

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On aperçoit le volcan Arenal depuis la tour d'observation de la réserve

Nous parcourons les douze kilomètres de sentiers en quelques heures, puis regagnons le centre de Santa Elena en fin d'après-midi.

Bien décidés à obtenir notre quota de faune après cette explosion de flore, nous tentons notre chance en nous inscrivant à l'une des nombreuses promenades nocturnes disponibles, promettant une abondance d'animaux à observer. À la tombée de la nuit, nous nous joignons à un petit groupe de touristes, précédés d'un guide qui nous entraine à sa suite dans un sous-bois à la périphérie du village.

Les faisceaux des lampes torches balayent les branches des arbres à la recherche d'ombres mouvantes et, très vite, un des guides prévient les autres par walkie-talkie qu'il a repéré un petit groupe de coatis en train de se nourrir près d'un monticule de pierres. Puis, plus loin, un autre signale la présence d'un jeune paresseux, mâchouillant avec nonchalance des feuilles au creux d'une branche, perché en haut d'un arbre.

C'est visiblement l'heure de diner, et il semble qu'une bande d'humains ont décidé de venir voir ce qu'il y a au menu.

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Une rainette aux yeux rouges, typique de la région


Infos pratiques

Des bus partent de Santa Elena tous les jours pour la forêt de nuages, mais ils peuvent aussi vous récupérer sur la route. Renseignez-vous à l'office de tourisme : l'employé nous a carrément donné le Whatsapp d'un chauffeur avec qui l'on s'est arrangés par la suite.

Sur place, vous aurez certainement plus de chance d'apercevoir des animaux en suivant un guide, mais le prix nous a un peu refroidis (voir ici par exemple, mais il y en a d'autres).

Il y a plusieurs opérateurs qui proposent des marches nocturnes qui se valent probablement toutes plus ou moins. Je ne sais pas dans quelle mesure la présence d'humains qui chuchotent et gloussent perturbe les animaux (gageons que ça les emmerde au moins un petit peu), mais force est de constater qu'en matière d'observation, le dépliant tient ses promesses (compter environ 25$ par personne).


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