osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Cornouailles part 2 : un air de famille

Cornouailles part 1 : d'où j'sors d'une ronde Penzance breakdown

Samedi 04/02/17

On a réglé le réveil assez tôt pour choper un bus devant nous emmener à Treen, à l'extrémité ouest de la Cornouailles, sur la côte.

Pour nos amis non véhiculés, sachez que la compagnie gérant le réseau de bus dans le coin est First Bus, et couvre à peu près toute la région. Ne vous faites cependant pas avoir par leur site qui met en avant des tickets journée assez chers et ne donne que peu d'informations sur les single et return fares (aller simple ou aller-retour), qui existent bel et bien et à moindre coût (et sont disponibles à l'achat auprès du chauffeur).
En gros, ne prenez leur formule à la journée que si vous comptez prendre le bus plus de trois fois dans les prochaines vingt-quatre heures.

C'était le point #guideDuRoutard, merci à tous.

Après une heure de route à travers champs et villages, sur des voies beaucoup trop étroites et en passant par des arrêts que même CityMapper serait bien en peine d'indiquer, on nous dépose à Porthcurno (près de Treen) et on file voir le Minack Theatre, situé à deux pas de là. Cette curiosité locale est un amphithéâtre en pierre construit à même la falaise, érigé à partir de 1932 par une amateure de théâtre alors propriétaire des lieux.

Minack Theatre 1 Minack Theatre 2

C'est complètement stylé (et pas facile à prendre en photo), à tel point qu'on se promet d'y aller voir une pièce (des spectacles y sont présentés tout au long de l'année) (j'espère en revanche qu'ils fournissent les couvertures en hiver, car en plein mois de février ça caille bien sa race).

On entreprend ensuite de longer la côte jusqu'au Visitors Centre de Land's End, lieu-dit représentant le point le plus à l'ouest de la Cornouailles - et donc logiquement de l'Angleterre.
Son nom n'est évidemment pas sans rappeler celui du Finistère, et nous allons vite voir que la comparaison ne s'arrête pas là.

Il faut compter deux bonnes heures de marche pour rejoindre le centre, via tout un réseau de sentiers côtiers assez bien entretenus.
On progresse au long des falaises de granit, suivant des sillons nettement tracés dans le tapis de bruyères, croisant çà et là des blockhaus et des maisons de pêcheur, et luttant parfois contre le vent, les embruns et la pluie, subissant les humeurs d'une météo lunatique.

Porthcurno Maison de pêcheur Cône Quand soudain, un cône de signalisation géant.

Cette description paraitra sûrement familière aux habitués du littoral finistérien (et breton dans une certaine mesure), et pour cause : elle pourrait tout aussi bien lui être appliquée. Ces côtes se ressemblent en effet à s'y méprendre, comme des sœurs jumelles qui s'observent au travers du miroir transparent de la Manche en pensant y admirer leur propre reflet.

Côte cornique 1

Ces deux régions du monde n'ont d'ailleurs pas de parenté que l'apparence, puisque la Cornouaille bretonne tient son nom des Cornovii qui y ont été placés à la fin du IIIème siècle par Constance Chlore, alors empereur romain. Ce peuple vient à l'origine de la Cornouailles, anglaise cette fois-ci (vous remarquerez la subtile distinction orthographique), et parlait une langue brittonique qui devait ensuite évoluer pour d'une part devenir le cornique (tel qu'on peut l'entendre de nos jours dans le sud ouest de l'Angleterre), et d'autre part le breton d'aujourd'hui.
Ces deux langues, toujours activement parlées, ont ainsi la même racine (y'a eu fork, comme qui dirait).
On ne s'étonne donc guère d'observer tant de similitudes entre ces deux régions, ni que le finistérien que je suis s'y sente right at home.

Côte cornique 2 Pont en bois

On se prend une nouvelle averse alors que le Visitors Centre est en vue, et on finit en courant pour se réfugier au restaurant du complexe. L'établissement ne jouit pas forcément de critiques très positives, mais dispose pourtant d'une carte très abordable et propose surtout une vue assez imbattable sur la côte.
Autant dire qu'après neuf bornes et deux heures de marche sur des sentiers rocailleux, ça fait parfaitement le taf.

The tip of England

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On reprend le bus depuis le centre pour regagner Penzance, et comme le temps parait vraiment décidé à faire la gueule et qu'on en a quand même légèrement plein les bottes, on décide de rester au chaud pour le reste de la journée.

Poêle à bois

Sources

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir davantage sur l'Histoire commune des deux cornouailles, voici les pages Wikipédia d'où j'ai tiré les quelques infos ci-dessus :

Cornouailles part 3 : le melon de Michel

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