osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Yann Tiersen au Barbican Centre (10/05/16)

Yann Tiersen est l'un de ces artistes auxquels je ne m'étais jamais trop intéressé, en me disant toutefois que je ratais probablement quelque chose (au-delà de la BO de Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain que l'on connait tous et qui a propulsé sa carrière).
Aussi lorsqu'une série de dates londoniennes fut annoncée en novembre dernier y ai-je vu l'occasion d'y remédier.

Et je ratais effectivement quelque chose.

Le show étant programmé pour le mois de mai suivant au Barbican Centre, j'avais tout le temps de me pencher sur sa discographie et d'apprécier à quel point elle est diversifiée. Entre ses premiers albums (La Valse Des Monstres, Rue Des Cascades et Le Phare) utilisant cette recette à succès mélangeant notamment synthé, violon, accordéon et piano jouet, qu'il prolongera ensuite sur L'Absente et Les Retrouvailles en y ajoutant un grand nombre de collaborations (françaises et internationales), et ses disques plus récents, expérimentaux et à portée internationale (Dust Lane, Skyline et Infinity), sans oublier bien sûr ses bandes originales (Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain donc, mais aussi Good Bye Lenin! et Tabarly), il y a effectivement de quoi se mettre sous l'oreille.

Avec Eusa, son nouvel opus prévu pour septembre, le brestois prend encore une nouvelle direction en proposant dix morceaux de piano, chacun étant accompagné de fonds sonores enregistrés dans dix endroits clés de Ouessant, où il réside depuis quelques années (Eusa est le nom breton de l'île).
Chaque titre porte le nom de l'endroit en question, et les ambiances sonores sont constituées d'un mélange de bruits de vagues, de mouettes, de vent, du littoral breton en général.

Porz Goret, premier extrait de Eusa dont le clip fut tourné sur place, donne le ton de cet album minimaliste et très personnel :

Minimaliste est un qualificatif qui s'applique également à la scénographie mise en place au Barbican Centre le soir du concert, puisqu'elle comprend un simple piano, un magnétophone et une imitation de lampe à pétrole suspendue au-dessus de l'instrument.

Tiersen ne s'embarrasse même pas d'une première partie et entre en scène nonchalamment, une bière à la main, arborant un simple t-shirt sur lequel se balance un triskèle au bout d'une chaine.
Il enclenche le magnétophone dont les bobines se mettent à tourner, avant de s'asseoir au piano et de commencer à jouer alors que le premier background sonore démarre.

Yann Tiersen

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Il déroule les dix titres de Eusa sur une heure environ, adressant un sourire timide au public entre chacun de ces morceaux qui me ramènent progressivement en Bretagne, faisant remonter à la surface une douce nostalgie qui atteint son paroxysme lorsque des paroles en breton résonnent dans cette salle comble de l'un des temples de la scène culturelle londonienne.

Le concert se poursuit sur une demie heure supplémentaire pendant laquelle Tiersen se déplace entre piano, violon et deux pianos jouets pour interpréter certains succès tirés de Rue Des Cascades et Les Retrouvailles, notamment.

Je sens une certaine déception dans la salle lorsqu'il quitte la scène après le rappel, une partie du public s'attendant certainement à ce qu'il joue la bande originale de Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.

Je suis ravi pour ma part, et attends désormais avec impatience la sortie de Eusa qui est un bel album, tout simplement.

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