osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Saosin à la O2 Academy Islington (30/04/16)

La O2 Academy fourmille et la foule devient de plus en plus compacte à mesure que l'heure du set approche. Les oreilles du type devant moi ont les lobes qui pendouillent, d'anciens écarteurs ayant laissé place à deux trous béants, et j'ai envie de passer mon doigt dedans, pour rigoler.
Je me ravise.
Je me contente plutôt de siroter ma bière en répétant les paroles de Bury Your Head dans ma tête : j'anticipe ce moment qui promet d'être épique, et je veux être sûr de cracher mes poumons sans fausse note lorsqu'il sera venu.

20h40 : les Saosin montent sur scène avec dix petites minutes de retard, et Anthony Green ordonne aussitôt à la foule de se rapprocher alors que le groupe entame un morceau que je ne connais pas, mais qui provoque une réponse immédiate de l'audience : le mosh est lancé.

Puis les chansons s'enchainent, délivrées avec énergie par Green qui prend plaisir à faire le show, racontant des conneries entre chaque titre avec des expressions faciales dignes du Joker. Le public est à fond et le pogo ne cesse de gagner en intensité, avec des slams qui partent dans tous les sens, et la petite nana sur ma gauche se prend un coude dans la gueule malgré les efforts de son imposant boyfriend pour repousser les assauts.
La sécurité jongle entre réception de slameurs et distribution de verres d'eau, ce qui amuse d'ailleurs beaucoup le frontman, qui confie qu'aux US la sécurité a quant à elle plutôt tendance à distribuer des baffes.
L'ambiance est excellente et la réception du public est exceptionnelle, les concerts londoniens me paraissant assez sobres à l'accoutumée.

Et pourtant.

L'excitation du début disparait progressivement, laissant place à une certaine perplexité, et pour cause : je ne reconnais pour ainsi dire aucun morceau.
Que dalle.
À tel point que si ce n'était pour les quelques extraits déjà sortis du nouvel album, j'en serais presque à penser que je me suis gouré de groupe.

21h30 : les lumières se rallument, le groupe remballe, et je suis quelque peu stupéfait.

Que s'est-il passé ?

Saosin

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Lorsque les américains ont annoncé une date à Londres, je me suis précipité sur les tickets comme un gamin surexcité : la formation post-hardcore fait partie de ces groupes que j'écoutais en fin d'adolescence et que je pensais ne jamais voir sur scène un jour, surtout après leur split de 2010.
En me renseignant un peu, j'ai ensuite rapidement lu qu'Anthony Green était de retour dans le line-up, et dans ma tête j'ai tout de suite fait le rapprochement avec le fait qu'ils n'avaient rien sorti après 2009, ce qui devait donc correspondre à son départ initial.

Mais je n'y étais pas tout à fait.

Green est en fait le chanteur des premières heures de Saosin, du temps de Translating The Name, leur premier EP sorti en 2003 et que je n'ai pour ainsi dire jamais écouté.

J'ai en effet découvert le groupe en 2006 avec la sortie de Saosin, leur premier LP éponyme, qui m'avait immédiatement mis une petite claque.
Sauf qu'à ce moment-là, Green avait déjà quitté le groupe, remplacé par Cove Reber, jeunot de 19 ans à l'époque, avec qui ils ont ensuite sorti un deuxième album intitulé In Search Of Solid Ground, en 2009 (de moindre qualité à mon goût mais que j'ai tout de même pas mal écouté).

Pourquoi je vous bassine avec tout ça ?

Tout simplement parce qu'avec Anthony Green faisant de nouveau partie du line-up après le départ un peu forcé de Reber, les morceaux écrits avec ce dernier ne sont plus joués sur scène.
Ce qui signifie qu'aucun titre de Saosin ou In Search Of Solid Ground, les deux seuls albums du groupe à ce jour, n'était sur la setlist.
Alors que j'avais pour ainsi dire acheté ma place pour les entendre.

Je suis donc évidemment extrêmement déçu de ce concert (voir Bury Your Head en live aurait été pour moi un achievement ultime), mais dire qu'il était mauvais ne serait certainement pas légitime.
Je n'ai juste pas vu le groupe que je pensais voir.

Il y a en fait un genre de dispute au sein de la communauté des fans, partagée entre les partisans de l'ère Green et ceux de l'ère Reber. Nulle doute que ces premiers ont beaucoup apprécié la performance, et ce même si le set n'a duré que 50 minutes (ce qui se justifie cependant, les américains ayant probablement joué tous les morceaux qu'ils pouvaient, leur nombre étant de fait limité aux quelques singles déjà sortis du nouvel album et aux cinq pistes de Translating The Name, le premier EP).
Green est une bête de scène et, comme déjà dit plus haut, la réception du public fut excellente.

Le problème est que je me situais sans le savoir de l'autre côté du clivage, ce qui m'a empêché de réellement apprécié la performance.

Voici donc The Silver String (qui est loin d'être mauvais, par ailleurs), un des morceaux extraits du nouvel album Along The Shadow, prévu pour le 20 mai.

Et la prochaine fois, je ferai plus soigneusement mes devoirs.

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