osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Superpoze, Fakear et Thylacine au XOYO (15/04/16)

Si vous vous intéressez un peu à la musique électronique française, il est probable que leurs noms vous soient au minimum familiers : la percée de ces trois là sur ces trois dernières années ne fait aucun doute.
Ils semblent également presque indissociables et tournent régulièrement ensemble, ce que Superpoze explique notamment par une vision et un âge similaires dans une interview aux Inrocks.

Malgré mes tentatives répétées sur Facebook et Twitter, le XOYO ne communiquera pas les horaires de passage (je ne dirai jamais assez à quel point ça m'agace) : on débarque donc tranquillement à 20h et on apprend que Thylacine joue en dernier... de 00h15 à 1h15.

Mon corps de presque trentenaire émet instantanément une plainte sourde.

On se console en se disant que, au pire, on reste juste pour le début de Thylacine et on se casse, puis on décide de faire l’impasse sur Dream Koala (un autre jeune français que je ne connaissais pas, j'ai écouté depuis et je dois dire que je regrette un peu parce que c'est vachement bien) (un genre de musique électronique chill flirtant avec le post-rock) (en plus ses clips sont cool) et nous délaissons le basement déjà enfumé (et assez désert il faut le dire) pour boire un verre à l'étage en attendant Superpoze qui passe à 21h.

Ce dernier a très récemment sorti un premier LP intitulé Opening, quelque peu en rupture avec ses précédents EPs. Il délaisse en effet cette patte assez singulière que l'on retrouvait dans des morceaux comme From the Cold pour un son plus conventionnel, mais qui est assumé par le jeune caennais qui affirme chercher à se réinventer.
Ne vous méprenez pas cependant : je ne suis pas en train de dire que Opening est un mauvais album (bien au contraire), je suis juste curieux de voir la direction qu'il prendra par la suite.

Superpoze

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Le sous-sol s'est bien rempli lorsqu'il prend place derrière son pad et il ne fait désormais plus aucun doute que le public est à 95% francophone (au passage, big up pour la communauté qui est toujours présente en nombre pour applaudir ses ressortissants).
Son set emprunte majoritairement ses titres à Opening entre lesquels il cale parfois des morceaux plus anciens comme The Iceland Sound.
Pas de Overseas malheureusement, qui est de loin mon extrait favori de son album.

Fakear lui succède, ce qui dénote une certaine logique dans l'ordre de passage puisque chaque artiste fait monter le niveau d'énergie d'un cran.
Le XOYO est maintenant plein à craquer et celui qui représente la tête d'affiche de la soirée évolue définitivement en terrain conquis.

Fakear

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Le set est efficace et il est impossible de ne pas se laisser entrainer, mais je ne peux m'empêcher de penser que ça commence un peu à manquer de nouveauté, car il me semble que les morceaux se suivent et se ressemblent.

Beaucoup.

Certes, les Lune Rousse et autres Morning in Japan sont de bons titres, et il n'y a rien de mauvais parmi les singles sortis récemment. Mais de ces derniers, seul Silver tire un peu son épingle du jeu, et ce grâce à la voix de Rae Morris.
À part ça, je dois avouer que j'ai la furieuse impression d'entendre des variations du même morceau depuis 2013.

Fakear a pourtant la capacité de produire des sons qui ressortent du lot, en témoignent des morceaux comme Neptune ou Darjeeling, mais je pense qu'il va devoir se détacher d'un certain carcan qui semble de renforcer sortie après sortie car, en ce qui me concerne, la magie commence à s'estomper.

Il sort sous les acclamations méritées du public après un set de qualité, puis nous décidons de mettre notre plan à exécution en nous rapprochant de la sortie dans l'anticipation d'une fuite discrète pendant le set de Thylacine.

Le jeune angevin a sorti un album intitulé Transsiberian fin 2015, résultat d'un trip de 13 jours sur le Transsibérien, puisant son inspiration au détour de ses diverses escales et des différents paysages et personnes rencontrés sur son chemin. Le tout a d'ailleurs donné lieu à une websérie documentaire de dix épisodes disponible en ligne (chaque épisode fait cinq minutes en moyenne - ça se regarde bien, et met notamment en lumière son processus créatif).

Il commence avec un petit discours introductif qu'il débute en anglais, avant de se raviser : This is the first time I play in London tonight and… ouais bon, de toute façon on est entre français là, non ?

Oui.

Thylacine

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La salle s'est un peu vidée mais le noyau restant, à la moyenne d'âge visiblement basse, semble bien décidé à en avoir pour son argent.
Thylacine sort son saxophone dès le deuxième morceau pour jouer Home et je dois dire que ça fonctionne vraiment bien.

Malgré la qualité évidente du set, on vide les lieux parce que bon, il commence à se fait tard, et l'ambiance ressemble de plus en plus à celle d'une soirée nuit du Bac.

Thylacine et Fakear sont actuellement en tournée (voir ici et ici respectivement) avec pas mal de dates en France sur les prochains mois, et ce dernier repasse par le XOYO le 19 mai et est également à l'affiche du Field Day.
Quant à Superpoze, a priori pas de nouvelles dates pour le moment.

Malgré le caractère parfois critique de cet article, le concert en soi fut excellent, et voir ces trois là reste fortement recommandé, ensemble ou séparément.
Il faut également rappeler qu’ils sont tous âgés de 22-23 ans, et que leur carrière est probablement encore devant eux.

C'est en tout cas tout le mal que je leur souhaite.

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