osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Savages à la Roundhouse (17/03/16)

Il y a pas mal de groupes dont j'apprécie les albums sans forcément être un fan inconditionnel, mais qui piquent suffisamment ma curiosité pour que je veuille les voir sur scène au moins une fois. C'est le cas des Savages, et je dois avouer que la formation post-punk ne m'a pas rendu la tâche facile.

Que ce soit en annonçant des concerts à des moments improbables, à des dates clashant avec d'autres plans, ou encore en proposant une performance mêlant improvisation et poésie avec les Bo Ningen quand je pensais me rendre à un concert traditionnel (très bien au demeurant), elles avaient jusqu'à présent toujours réussi à me filer entre les doigts.
Si bien que, ayant gagné en popularité au fil du temps, je fus forcé de prendre une place pour la date de clôture de leur tournée européenne à la Roundhouse, pour un prix dépassant ce que je consens habituellement à dépenser pour un groupe dont je ne suis pas un fan convaincu.

J'arrive pour la fin du set des Bo Ningen (encore eux - apparemment ils sont souvent fourrés ensemble), qui terminent sur un long morceau psyché-noise assez jouissif (qui me rappelle parfois un peu le son des HEALTH) en secouant leurs longs cheveux bruns.

Ils laissent la place au quatuor féminin emmené par Jehnny Beth (de son vrai nom Camille Berthomier et qui nous vient apparemment de Poitiers ce que, pour tout vous avouer, j'ignorais avant d'écrire ces lignes) qui ne tarde pas à mettre l'audience en mouvement, surtout aux premières notes de Shut Up qui, à mon grand désarroi, me valent de me faire bousculer par des quarantenaires pressés de rejoindre le pogo fraîchement formé.

Les morceaux s'enchainent et je mets à contribution le stabilisateur de mon téléphone pour tenter de prendre une photo correcte du groupe sur scène, quand Beth se dresse au bord du public, lui faisant signe de se rapprocher. Là, tel Jésus ayant oublié sa board pour se rendre à Capharnaüm, au lieu de surfer sur la foule, elle se met à lui marcher dessus, épaule après épaule, pour venir s'arrêter juste au-dessus de moi et faire un petit coucou à ceux du fond.

Savages. I was trying to get a good shot of the band on the stage. And then, this happened.

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Littéralement, donc.

Elle repart comme elle est venue (en se croutant quand même une petite fois pour le spectacle) et finit en slam pour rejoindre la scène et reprendre le show.

OKLM.

Pour revenir un peu au show justement, il est visuellement assez sobre, les membres du groupe toutes de noir vêtues contrastant avec le blanc des jeux de lumière. À vrai dire, la prestance de Jehnny Beth rend toute surenchère visuelle superflue, la chanteuse disposant d'un charisme indéniable suffisant pour captiver la foule.
La setlist est bien équilibrée entre morceaux péchus et calmes, et se sert dans différents albums dont le tout récent Adore Life, dont cette date vient clôturer la tournée promotionnelle.

Le show s'achève d'ailleurs sur le magnifique Adore, interprété de manière solennelle, Jehnny Beth et son poing levé - dans un geste d'amour militant - invitant le public à se joindre à cette ode à la vie, avant que les Bo Ningen ne les rejoignent sur scène pour le rappel final.

Inutile de préciser que j'ai beaucoup apprécié le spectacle et que je ne regrette absolument pas mon petit écart de budget.

Comme mentionné plus haut, la tournée européenne des Savages est désormais achevée, mais elles viennent d'en entamer une nouvelle aux États-Unis et au Canada.

Pour les dates, c'est par ici.

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