osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Periphery au KOKO (19/11/15)

C'est un fait, je me rends de moins en moins à des concerts de métal.
J'en écoute moins, aussi.

Pas par perte d'intérêt ou d'envie je pense, mais plutôt la conséquence d'une plus grande place faite à d'autres styles musicaux.

Toujours est-il que lorsqu'il m'arrive d'en booker un, le jour venu je sens poindre cette petite excitation, celle qui monte quand je sais que je vais me prendre des grosses guitares dans la face et que ça va être cool.

C'est typiquement cette excitation qui m'accompagne lorsque je me dirige vers le KOKO ce soir-là pour une performance des Periphery, avec une première partie confiée aux Veil of Maya.

Ces derniers ont connu un changement de line-up pour leur dernier album, Matriarch, consistant en l'arrivée d'un nouveau chanteur, Lukas Magyar, introduisant son lot de chant clair dans la plupart des morceaux, à la déception de nombreux fans qui y ont vu sinon une trahison, au moins la perte de l'essence originelle du groupe.

Personnellement, je trouvais ça difficile à écouter avant, alors que Matriarch m'est bien plus accessible et m'a directement accroché.

Une mega file d'attente se déroule sous mes yeux alors que j'atteins le club mythique de Camden, et je commence à craindre de louper les chicagoans (non, je ne sais pas non plus comment ça se prononce).
Tout va bien finalement, car ils ont plus d'une demie-heure de retard.

Dans un excès de zèle, je me faufile dans la fosse, puis me ravise et me cale sur un des côtés, contre le mur, en retrait. Puisque j'ai commencé les confessions, allons jusqu'au bout : je ne pogote plus non plus. Ça me fait chier, je préfère laisser ça aux jeunes et kiffer mon concert pépère dans mon coin (en revanche, en festival avec quelques vodkas dans le buffet, je dis pas. Mais comme les pass du Hellfest partent désormais aussi vite que les places d'un concert de Taylor Swift, on ne pourra pas le vérifier cette année).

Parlons des jeunes, justement : je suis littéralement encerclé par une foule d'ados que je situe entre 16 et 20 ans, majoritairement de sexe masculin et dégageant une forte odeur axillaire. Je ne suis pas sûr mais je crois qu'il y avait un autre groupe avant, je ne sais plus, je leur laisse le bénéfice du doute.

Je balaye le public du regard pour m'assurer qu'il y a encore quelques séniors puis, après un faux départ, les lumières s'éteignent enfin et les Veil of Maya entament leur set.

Veil of Maya (support for Periphery)

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C'est puissant, assez carré, embarque le public qui s'excite et lève allègrement les bras pour brandir ses index et petit doigt (au grand dam de mes narines), et ça donne un peu l'impression qu'il y a en fait deux headliners pour se partager l'affiche ce soir.

Je suis par ailleurs bien content d'avoir réussi à me retrouver devant ce grand jeune aux cheveux gras qui m'obstruait la vue pendant un temps, jusqu'à ce qu'il me tousse vigoureusement sur la nuque, sans mettre la main.

SANS METTRE LA MAIN, putain.

Bordel les gars, je veux bien aider à lutter contre le cliché du jeune métalleux qu'a un problème avec l'hygiène mais merde quoi, faites un effort.

Bref.

Je prends sur moi en attendant sagement que les Periphery prennent la suite, et en me disant que je suis quand même bien content d'avoir vu les VoM jouer Mikasa.

Je vous raconte même pas comment je kiffe ce morceau.

Les lumières s'éteignent de nouveau et un George Michael tatoué se pointe au micro : c'est Spencer Sotelo, chanteur de Periphery depuis 2010.

Periphery

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Ils déroulent un set de plus d'une heure faisant la part belle à Alpha, leur dernier LP, avec une alternance entre ballades et chansons brutales, spectre se retrouvant parfois au sein d'un même morceau, avec ce son si caractéristique du djent, branche du métal progressif dont ils sont parmi les pionniers.

L'event est sold-out et le KOKO est plein à craquer, si bien que je profite du rappel pour m'éclipser et ainsi éviter l'effet entonnoir de la sortie (particulièrement galère dans cette salle).

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