osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

La Traviata et La Bohème

Même si c'est peut-être un peu ambitieux d'ouvrir une catégorie pour un type de spectacle que je ne verrai probablement pas très souvent, il se trouve que je me suis rendu à deux opéras sur ces trois derniers mois.

Si le premier que j'ai eu l'occasion de voir l'année dernière ne m'avait que partiellement convaincu (Die Fledermaus au Royal Festival Hall), ces deux-ci ont davantage retenu mon attention, même s'ils sont traités de manière bien différente.

La Traviata (15/06/15) - Royal Opera House

On commence par La Traviata qui, si vous êtes aussi incultes que moi, est basée sur La dame aux camélias d'Alexandre Dumas, et comprend entre autres ces deux compositions :

Vous conviendrez qu'il s'agit là de deux gros tubes planétaires.

La Royal Opera House est un bâtiment assez classieux situé à Covent Garden, et les pièces qui y sont jouées ne sont pas forcément très abordables. Heureusement, nous avons récupéré des places en balcon à £40 au lieu de £200 (et je vous avoue que ce n'est pas demain la veille que je claquerai autant pour un opéra. Pour ce prix-là, autant aller à Glastonbury).

I'm so fecking sophisticated I'm going to the opera.

A photo posted by Yannick Chenot (@osteel) on

L'oeuvre est accompagnée par l'Orchestre de la Royal Opera House, que je n'ai pas vraiment dénombré mais en gros ils étaient plein.

Le premier acte me parait un peu long, même si je note que les décors et costumes sont très soignés et que l'aspect général de la chose est assez impressionnant : c'est bien plus travaillé que la représentation de Die Fledermaus susmentionnée.

J'accroche beaucoup plus sur l'acte 2, plus animé (surtout la teuf de Flora). Je ne prête plus vraiment attention au chant qui tendait à légèrement me crisper lors des premières minutes et suis simplement l'histoire (par ailleurs sous-titrée, ce qui est bien pratique) (d'autant plus que la pièce est jouée en italien).

Je rigole quand même un peu quand un murmure parcourt le public lorsque le père d'Alfredo lui met une mornifle avec un réalisme époustouflant (not), démontrant au passage à quel point les spectateurs sont dedans (on évitera de les mettre devant The Raid, en revanche).

Je relève également que l'histoire est quelque peu décousue, blindée de raccourcis, et temporellement presque aussi incohérente que Fury (attaque gratuite je sais, mais ce film m'a soûlé). Bien évidemment, c'est à imputer au style de spectacle (je crois ?) et, quand tu vois qu'il leur faut parfois 10 secondes pour prononcer 5 mots, tu leur pardonnes l'envie d'accélérer un peu à certains moments.

Ceci dit, les passages un peu plus tragiques ont réellement tendance à prendre aux tripes, et on se surprend parfois à retenir son souffle.

La Bohème (04/08/15) - Arcola Theatre

On change complètement de décor avec le Arcola Theatre au coeur de Dalston, bien loin des pavés de Covent Garden. Le Grimeborn Festival, dans le cadre duquel la performance de ce soir se déroule, y trouve résidence tous les ans. Son but est de rendre le théâtre et l'opéra accessibles, tant par des tarifs abordables que par une approche modernisée de ces deux disciplines.

La Bohème

On s'y rend pour une adaptation de La Bohème, avec des personnages, des dialogues et des références culturelles portés au Londres d'aujourd'hui.

La salle n'accueille pas plus de 250 personnes et l'orchestre, composé d'une dizaine de musiciens, se trouve derrière une partie du public, créant immédiatement une certaine immersion.

La pièce est divisée en deux actes, le second s'avérant une nouvelle fois plus prenant que le premier. L'humour est présent presque tout au long et, même s'il n'y a pas de sous-titres, rendant la compréhension parfois tricky, ça se suit globalement bien.

On est là bien loin de la grosse production de la Royal Opera House, et pourtant je suis bien plus absorbé par ce qui se passe sur scène.
Est-ce à cause d'une identification aux personnages simplifiée du fait de la modernisation du contexte ? De l'intimité induite par la taille de la salle ? Du fait que je commence à m'habituer au style ?

Probablement un mélange des trois.

La scène finale, déroulant la mort de Mimi, arrache quelques larmes dans le public, et très franchement il ne m'en m'aurait pas fallu beaucoup plus pour m'y mettre aussi.

La troupe, exclusivement composée de jeunes interprêtes émergeants, est très convaincante (et le tonnerre d'applaudissements accompagnant leur sortie tend à montrer que je ne suis pas le seul à le penser).

À £15 la représentation, c'est juste un no-brainer.

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