osteel's blog Chroniques d'un autre français à Londres Montréal

Finch au Underworld Camden (13/08/14)

Aaah, Finch. Entre ces gars-là et moi, ça fait plus de 10 ans que ça dure. 12, pour être exact.

Finch, c'est ce groupe de post-hardcore découvert en seconde, sur une compile d'un numéro de Rock Sound ou d'un autre magazine du même acabit, puis téléchargé fébrilement via Kazaa sur plusieurs semaines avec la connexion poussive de Liberty Surf. Tu sais, quand il fallait ensuite éditer les tags ID3 de chaque morceau, les mettre dans l'ordre puis les graver sur un CD. Ouais.

Au lycée, on devait être une poignée à les écouter ; on était des rahans (par opposition aux chouquins et aux… "normaux", je suppose. Aujourd'hui la typologie a évolué et semble opposer les SWAG et les bolosses, ou peut-être n'est-ce déjà plus d'actualité, je ne sais pas, je ne sais plus), ça taquinait sévère le babyfoot à la cafet' du Classique, j'écrivais des chansons et j'essayais d'être chanteur de métal. Une grande époque.

Toujours est-il que si à ce moment-là on m'avait dit : "dans une dizaine d'années tu verras Finch dans un pub de Londres, et genre en fait t'habiteras là-bas", je pense que j'aurais mouillé mon baggy, bien qu'un peu déçu de savoir que je ne deviendrai jamais une rock star.

Bref. On était venu pour quoi, déjà ? Ah oui -

Le concert

Il s'agit en fait de la 2ème fois que je vois Finch à Londres. La première était à la O2 Academy de Brixton le 22 mars 2013, pour la tournée anniversaire des 10 ans de leur 1er album "What it is to burn" (qui dissimulait en fait une reformation - les petits cachotiers). Beaucoup d'émotion déjà à ce moment-là, même si j'avais encore un peu de mal avec le concept d'aller voir des concerts seul et que je faisais des Vine :

Un an et quelques mois plus tard, c'est avec une certaine excitation que je découvre qu'ils vont jouer au Underworld, repair à métalleux situé juste en face de la sortie du tube à Camden.

J'apprécie l'endroit : malgré sa notoriété il parvient à conserver une forme d'authenticité et ne donne pas l'impression d'évoluer dans un cliché ramené à l'échelle d'un pub. J'ai déjà eu la chance d'y voir des groupes comme 36 Crazyfists (une autre madeleine) ou Defeater, dans une atmosphère intimiste permise par la configuration du lieu (genre de petite arène d'une capacité de 500 personnes). D'autres auront pu y voir les Radiohead, Silverchair ou autres Smashing Pumpkins…

Le concert (pour de vrai)

J'arrive à plus de la moitié de la 1ère partie (je ne sais même pas qui c'était, et à vrai dire je ne sais plus trop ce que ça donnait), ce qui me permet d'aller me prendre ma petite pinte traditionnelle et de me positionner au second rang derrière une des rembardes qui surplombent la fosse. De là, il n'y a plus qu'à attendre la pause pour chourrer la place d'une des personnes devant moi qui ne manquera pas d'aller au bar ou aux chiottes (#protip).

La foule est électrique et se met à scander le nom du groupe, qui fait son apparition sur scène quelques minutes plus tard. Ils donnent le ton avec "New Beginnings", préfigurant un set majoritairement composé de morceaux tirés de "What It Is To Burn", qui reste l'album le plus populaire de la formation californienne. Le public connait toutes les paroles par coeur et s'arrache joyeusement les cordes vocales pour accompagner Nate Barcalow. Les gens transpirent, les murs aussi, et les Finch déroulent leur tracklist avec une propreté que certains n'avaient pas retrouvé à la Brixton Academy.

En définitive, ils caseront 2 morceaux de leur nouvel opus (qui sortira fin septembre) et quelques uns de "Say Hello To Sunshine" (dont le jouissif "Ink"). Nate affiche parfois une attitude un peu blasée (que j'avais déjà remarquée au précédent show), ils ont tous l'air un peu bouffi, mais ils ont définitivement retrouvé leurs vieux réflexes et jouent d'une manière redoutablement efficace. S'il fallait en douter, c'est désormais certain : ils sont de retour. Et ils ne sont pas seuls : lorsqu'ils demandent qui était présent à la Brixton Academy, les trois quarts de la salle lève la main. Leur fanbase est toujours là, prête à les suivre.

Au-delà d'avoir été un excellent concert, voir Finch sur scène aura provoqué une forme de rétrospective, un regard sur le chemin parcouru depuis le lycée tout en soulignant une certaine fidélité à la version adolescente de ma personne. Comme un clin d'oeil en arrière, assorti d'un "c'est pour toi, buddy !".

Je vous laisse avec "What It Is To Burn", qui clôturera évidemment leur performance.

Bécot !

Note : il s'agit de la version "demo" du morceau, figurant sur la première édition de l'album, que je préfère (de loin) à la version officielle.

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